Ce mardi est une journée importante, c’est elle qui va permettre de faire "le grand saut" : passer de la vallée du RHIN à celle du DANUBE, fleuve mythique, objet de toutes leurs convoitises….
Patrick et Arlette savent que ce sera l’étape la plus physique.
Si le lac de CONSTANCE est à une altitude d’environ 400 mètres, SINGEN à peu près la même chose, le DANUBE, à TUTTLINGEN, coule à 700 mètres et il faut franchir la crête qui sépare ces deux fleuves au niveau d’EMMINGEN et qui culmine à 800 mètres : donc quelques dénivelées au menu….
Le départ est donc donné à 8H30 à SINGEN, pari tenu grâce à un horaire de petit déjeuner (7h30, comme dans toutes les auberges de jeunesse paraît-il) un peu plus élastique chez nos voisins allemands.
Les cartes utilisées jusqu’à TUTTLINGEN sont sommaires mais ils espèrent pouvoir se fier à la signalisation.
Si tout « baigne » ou presque jusqu’à MULHAUSEN, ce sera un peu plus compliqué à partir de EHINGEN.
La signalisation disparaît à nouveau et, lorsque le fil est perdu, il devient très compliqué de s’y raccrocher.
Heureusement, ils seront remis sur le bon chemin par deux messieurs très sympathiques qui n’hésitent pas à leur faire un petit croquis qui leur servira bien.
Ils leur détaillerons même les pentes, les points remarquables... Les conseillant de « beaucoup drinken » car « monter beaucoup » : ils ont ainsi pu s'apercevoir, qu’avec un peu de bonne volonté, la langue n’est pas un si gros obstacle…
Avec tous ces renseignements, ils peuvent alors entamer notre ascension : 10 km qui leur permettrons de passer de 420 mètres à un peu plus de 800 mètres.
La route est partagée mais sans grande circulation, le revêtement est bon et l’effort reste raisonnable, il faut monter « au train ».
Le temps est idéal et même un peu frisquet après les pluies diluviennes de la veille. Les routes sont encore détrempées et que dire des chemins.
Après les quatre premiers km, une alternative leur est proposée : la route en bitume mais qui passe par HONSTETTEN avec cette fameuse pente annoncée ou le chemin en stabilisé qui semble être moins pentu.
Ils en profiteront pour remettre sur le bon chemin deux cyclos allemands faisant la route en sens inverse et visiblement désorientés, (ils ne sont pas les seuls à pester contre la signalisation), ils leur avouent être arrivés par le chemin et l’ont trouvé accessible mais ils ont oublié qu’ils étaient en VTT…. Et qu’ils sont partis de TUTTLINGEN à 700 mètres.
Les voilà donc parti pour les 5 à 6 km suivants qui n’aurait dû être qu’une « promenade »… les pluies de la veille ont complètement détrempé le sol, la pente raisonnable pendant la première partie devient vite beaucoup plus raide sur un chemin raviné et surtout une multitude de débris végétaux sans oublié quelques arbres cassés en travers du chemin…
Les derniers raidillons sont négociés à 5 km/h au plus et par moment, la roue du handbike n’adhèrent plus, Arlette en est pour « jouer un peu de la poussette » sinon cela ne monte pas…ils se souviennent des conseils « beaucoup drinken » et ne s'en en privent pas.
L’épreuve est rendue plus facile par la température confortable et l’ombre dispensée par les arbres de la forêt. Cela reste quand même presque du tout terrain en handbike, pas trop prévu pour ce genre de rando.
L’assistance leur amène un peu de réconfort à EMMINGEN mais finalement, cela ne s’est pas si mal passé que cela.
Le reste de l’étape, même si cela n’a rien à voir avec la demie-étape du matin, leur prouvera un peu le contraire.
C’est mal connaître ce fleuve qui se prélasse parfois dans une vallée très large et qui soudain se faufile entre des parois rocheuses de plusieurs dizaines de mètres de hauteur en accélérant subitement son cour.
La voie cyclo se fraye alors un passage entre le fleuve et la forêt avec de bons petits « c… de c… ».
Au moins, ils y ont gagné une chose, le balisage (et cela se vérifiera jusqu’à l’arrivée), est enfin adapté, presque plus besoin de carte… le signe « EV 6 » est maintenant bien visible sur les panneaux qui lui sont dédiés mais la vigilance s’impose tout de même car les poteaux qui les supportent sont surchargés d’information.
Les pistes cyclables, VTT, chemins de rando pédestres … et j’en passe… ont chacun leur signalétique particulière accrochée au même poteau… c’est une forêt de fléchages parmi lesquels il faut ne voir que le bon…
Le vélo-voie alterne entre bitume et stabilisé et demeure très roulant mais l’un comme l’autre sont rendus glissants pas tous ces végétaux qui jonchent le sol, le vent a dû souffler très fort lors des orages de la veille.
Le soleil de l’après midi a fait sortir les gens qui viennent se mêler aux cyclotouristes nécessitant une attention soutenue tellement la circulation est dense.
Une chose cependant est sûre, c’est qu’on ne peut pas rester insensible devant un tel spectacle et ces paysages extraordinaires. MÜLHEIN, FRIEDINGEN puis BEURON qui est prévu être le final de l’étape.
Comme ils en ont encore un peu « sous le pied », ils se décident tous les deux, de poursuivre de 8 km, ce qui les rapprochera de leur hébergement.
Ils renvoient alors Élisabeth et Michel jusqu’à HAUSEN IM THAL qu'ils atteignent à 17H30 avec 78.5 km au compteur ...
... ce qui porte à 1512 km le total parcouru depuis SAINT BREVIN…
... « mon Dieu, que c’est déjà loin… »!!